« La liberté pour quoi faire ? » On connaît tous cette phrase mémorable prononcée par Lénine, cette interrogation cynique qui devait résumer toute une désaffection pour la
liberté, désaffection mortifère qui allait corrompre tant de consciences jusqu’à engendrer les totalitarismes de triste mémoire.
« Une France libre pour quoi faire ? » C’est ce que semble aujourd’hui se demander, dans le même esprit, toute une petite élite médiatico-politique capitularde dès lors
qu’un maldisant gaullo-souverainiste ose défendre devant eux la liberté de la France.
Une petite élite qui semble victime, comme disait Georges Bernanos en son temps, d’une « désaffection cynique » pour la liberté.
« La pire menace pour la liberté » affirmait le grand écrivain, « n'est pas de se la laisser prendre, - car qui se l'est laissé prendre peut toujours la reconquérir -
c'est qu'on désapprenne de l'aimer, ou qu'on ne la comprenne plus. »
Si Bernanos parlait alors de liberté individuelle, comment ne pas saisir la terrible analogie avec notre sujet ?
Il est finalement bien peu de chose que la France perde sa liberté si les Français gardent au plus profond d’eux-mêmes le goût de la liberté et sont donc prêts à se battre pour la recouvrer.
Dénoncer des traités et sortir d’une monnaie unique, voilà qui sont de bien ridicules obstacles au regard des seuls vrais obstacles qui puissent exister : ceux que l’on se forge dans la
tête.
Le plus grand danger, effectivement, c’est de ne plus apprécier la liberté, c’est de ne plus lui trouver aucune grâce, plus aucune utilité. C’est de ne plus croire en elle, c’est de ne plus s’en
croire digne, c’est de ne plus la croire ni possible ni souhaitable, parce qu’on ne croit déjà plus en nous-mêmes.
Et c’est ce pire qui semble avoir touché notre pays depuis près de trente ans, alors que jamais, pourtant, notre pays n’avait eu autant les moyens de sa liberté.
Si la France est aujourd’hui soumise, à des banques privés, à des organisations supranationales, à des puissances étrangères, c’est d’abord parce qu’elle s’est soumise aux mensonges les plus
délirants sur son propre compte.
Des mensonges pour lesquels la France, cette grande nation, n’aurait désormais plus les moyens de sa liberté et serait bonne à ranger dans les placards de l’Histoire.
Depuis le milieu des années soixante-dix, notre France est continuellement pilonnée par ces mensonges. C’est un déluge quotidien de mensonges, tous plus gros les uns que les autres, qui s’est
abattu et continue à s’abattre sur nos consciences. Et qui tue en chacun de nous son bon sens, sa lucidité et surtout sa fierté d’être Français, aux sources de ce ressort moral qui dans les
heures les plus sombres de notre histoire nous a toujours permis de redresser la barre.
Des experts autoproclamés aux hommes politiques prétendument sérieux, tous nous ont répété inlassablement la même terrible sentence : la France, c’est fini. La France ne peut plus rien. Elle
n’est désormais plus qu’une sous-puissance insignifiante, qui doit impérativement « s’intégrer », pour ne pas dire se soumettre et encore moins se dissoudre, dans une Europe
supranationale. A défaut de connaître les pires catastrophes. A défaut d’être ravagé par une mondialisation que l’on nous compare à un phénomène naturel contre lequel nous ne pourrions rien
faire. A défaut d’être dévoré tout cru par le grand méchant loup chinois et d’autres créatures dangereuses qui peuplent notre jungle global.
Non, vraiment, pour ces chantres du renoncement heureux, le temps de notre insolente liberté serait bel et bien fini. L’époque serait aux blocs, non plus aux nations. Que pourrait d’ailleurs
encore valoir la voix dans le monde de cette France riquiqui ? Elle est trop insignifiante pour encore être écoutée ! Laissons à l’Europe le soin de parler pour nous.
Oser encore aujourd’hui défendre l’idée d’une France libre, voilà qui serait selon eux faire preuve d’anachronisme et d’irresponsabilité. Ceux-là qui se permettent un tel culot ne pourraient bien
évidemment être que des rêveurs, des retardataires prêts à nous envoyer dans le mur pour satisfaire leur nostalgie d’antan.
La France a beau être la cinquième puissance économique mondiale, regorger d’énormes atouts, avoir une voix originale qui compte pour le monde, tout cela ne compterait pas ! Comme l’ont
encore rappelé récemment des voix raisonnables comme celle Franz-Oliver Giesbert, toujours très inspirés, pour qui nous ne serions jamais plus qu’une petite « province » ! Ou
encore celle de François Bayrou pour qui une France « seule » serait bien évidemment « insignifiante »…
Une « France seule », une « France isolée » : c’est ainsi qu’ils osent présenter une France qui aurait l’outrecuidance de se libérer de ses tutelles. Comme si la seule
bonne façon d’entretenir des relations saines et fructueuses avec d’autres nations serait de se courber, de prendre des claques et dire merci ! Comme si être libre nous pousserait
inéluctablement au repli sur soi voire à la haine des autres ! L’ineffable Pierre Lellouche ne disait-il pas en 2005 que si la France osait dire Non à la Constitution européenne, alors
« il y aurait un risque de guerre » ?
Nos maîtres en renoncement ne reculeraient devant aucune outrance pour inoculer aux plus récalcitrants leur moral de vaincu.
Ainsi associe-t-on constamment dans les médias l’idée d’une France libre et souveraine au Front national et à ses excès les plus insupportables, pour achever de discréditer tous ceux qui
oseraient encore défendre ce point de vue, pour intimider et dégoûter tous ceux qui auraient encore la faiblesse d’y croire.
Tout propagandiste sait que n’importe quel mensonge, pourvu qu’il soit répété inlassablement, peut finir par être cru. Rien de mieux si l’on peut en outre lui donner une apparence de réalité. Ce
dont on pu se charger nos dirigeants depuis trente ans, par leurs diverses capitulations déguisés en réalisme. Mitterrand, Chirac, Sarkozy, autant de Présidents de la République qui promettaient
dans leur campagne de grandes et belles choses et qui une fois élu feignirent de buter devant le prétendu « mur des réalités ». Autant de Présidents de la République qui ont à chaque
fois donné un peu plus l’illusion, d’autant plus douloureuse qu’elle était à chaque fois précédée de grands espoirs, qu’effectivement, pauvres Français que nous étions, que nous menions une
politique de droite ou une politique de gauche, seuls « nous ne pouvions plus rien faire ». Qu’effectivement, la France ne pouvait espérer un jour se sortir de ses difficultés qu’en
courbant toujours un peu plus l’échine devant ses maîtres de Bruxelles. CQFD
Et pourtant.
Et pourtant l’exemple de nombreux pays à travers le monde dément formellement les boniments de nos experts en renoncement ! Des pays moins bien puissants que nous résistent magnifiquement
aux prétendus ouragans économiques et financiers, contre lesquels la cinquième puissance mondiale que nous sommes ne pourrait soi-disant rien.
Et ils résistent et s’en sortent dans la mondialisation précisément parce qu’ils ont le courage de rester libre et debout !
Ainsi de l’Argentine qui, après les profonds troubles du début des années 2000, a eu le courage de sortir de la tutelle du FMI et de ses pseudo-experts, et de mener une politique conforme à
l’intérêt de son peuple, dévaluant sa monnaie, osant le protectionnisme, et ce pour des résultats fort satisfaisants.
Ainsi de l’Islande, ce pays d’à peine 300 000 âmes ( !), qui a tenu tête aux banques qui voulaient faire payer à ses citoyens leurs pots cassés de 2008 ! Un courage qui a épargné à
ce pays bien des sacrifices inutiles, et qui lui ainsi permit de faire repartir son économie jusqu’à afficher pour 2011 un taux de croissance trois fois supérieur à celui de l’Union européenne.
L’Argentine, l’Islande et tant d’autres pays qui sont des preuves irréfutables que la France n’a rien à perdre, mais au contraire tout à gagner à reprendre sa liberté.
Non seulement elle le peut, mais elle le doit, car seule une France libre de ses choix, maîtresse de son destin, peut prendre des décisions servant l'intérêt des Français !
« On n’est jamais mieux servi que par soi-même », dit le proverbe plein de bon sens. Comment a-t-on pu l’oublier ? Comment a-t-on pu croire que nous vivrions mieux sous tutelle,
laissant décider pour nous des technocrates hors sols, auxiliaires des marchés financiers, qui n’ont naturellement que faire d’un quelconque intérêt général ? Comment a-t-on pu croire que
d’autres, à notre place, pourraient juger de ce qui est bon pour nous ? Comment un grand pays comme le nôtre a-t-il pu accepter une telle infantilisation ?
Oui, la France peut et doit être libre !
Oui, la France doit se libérer. Et elle doit commencer, c’est le plus dur, par se libérer des mensonges qui la lient depuis trop longtemps. Elle doit faire exploser ce carcan, cette prison
mentale qui lui interdit tout sursaut.
Là est la première fonction de la candidature de Nicolas Dupont-Aignan à cette présidentielle : être pour la France une salutaire entreprise de désintoxication, la première marche vers sa
liberté !
Son slogan de campagne « Pour une France libre », avant d’être un slogan, avant même d’être à lui seul un programme, est un puissant cri de révolte.
Un cri de vérité dans un océan de mensonges, un cri d’espoir face au fatalisme ambiant.
Un appel au réveil et à l’insurrection des consciences, un appel à l’intelligence martyrisée des Français.
Un défi lancé à tous ces puissants vendeurs d’impuissance.
« Une France libre pour quoi faire ? » peuvent-ils continuer à aboyer du haut de leur prétoire.
Face à eux, un nombre de plus de plus grand de Français déterminés à leur faire face. Des Français déterminés à rester libre et debout. Des Français qui ne baisseront plus les yeux - ni les bras
- comme ils ont trop souvent pu le faire ces dernières années. Des Français qui ne se laisseront plus intimider par ces sarcasmes, par ces injures à leur intelligence et à leur bon sens.
Puissent-ils être l’étincelle de la révolte !
Puissent-ils inonder la France de cet esprit qui animait, jadis, nos glorieux ancêtres à Bouvines, Orléans et Valmy ! L’esprit de ceux qui toujours ont eu foi en eux, en leur force, en leur
avenir et qui à chaque fois ont su faire mentir leurs pseudo-experts qui ne cessaient de leur promettre la défaite et la mort !
Et alors la France redeviendra la France, ce pays qui n'aurait jamais dû exister et qui n'est vraiment lui-même qu'en déjouant les pronostics.
Nicolas Dupont-Aignan déjouera-t-il les pronostics le 22 avril prochain ? Nul ne le sait encore mais il aura quoi qu’il en soit eu le mérite, à travers cette campagne, de montrer à la France
le chemin de la vérité, inséparable de celui de la liberté !
La France, désespoir mille fois surmonté, saura bien tôt ou tard l’en remercier !
Jérôme Lagae
Délégué départemental jeune pour le Nord